Société - Associations
Site du club communication de l'Université de Ngaoundéré

Club Communication de l'Université de Ngaoundéré
U.N. Mirror N° 16
bulletin d'information de l'Université de Ngaoundéré

Ecole vetérinaire
la première cuvée sur les bancs

interview exclusive du Pr Zoli Pagnah André
directeur de l'Esmv
"Tout est à construire pour ce qui est de l'Esmv"

Retro: 42e fête de la jeunesse sur le campus de Dang

Reportage: Dang by night
L’école des sciences et de médecine vétérinaire sort des fonds baptismaux.
1- Quand sonnent
les carillons de la rentrée
Le concours d’entrée du 21 décembre 2007 qui s’est déroulé dans les cinq villes universitaires - Ngaoundéré, Yaoundé, Douala, Dschang et Buéa - a vu la participation de 241 postulants. Par la suite, c’est le communiqué radio presse N° 08-0017/MINESUP/DDES du ministre de l’enseignement supérieur portant publication des résultats qui dévoile les noms des heureux élus de la toute première promotion. 39 élèves sont alors admis à prendre une inscription à l’Esmv, soit 38 sur admission directe et un seul sur étude du dossier. Un effectif que l’administration universitaire entend accroître en fonction des capacités d’accueil et des moyens disponibles. L’ouverture de l’école aux étrangers sera effective dès l’année prochaine. En attendant, les 39 élèves de cette première promotion ont reçu les premiers enseignements depuis le mardi 12 février 2008.
Le corps enseignant est constitué d’éminents universitaires à l’instar du Pr OUMAROU Bouba, du Pr BEKOLLE Rolland Bayard, du Dr MEBANGA SASSA Aristide, du Dr GAMBO et du Dr NOMI pour ne citer que ceux-là. Les droits universitaires sont de 50 000FCFA pour les étudiants sur admission directe et d’environ 1 000 000 FCFA pour ceux admis sur étude des dossiers.
2 - Au commencement
était le décret…
Créée par décret présidentiel n° 93/036 du 19 janvier 1993 portant organisation administrative et académique de l’Université de Ngaoundéré, l’Esmv vient d’être portée sur les fonds baptismaux, 15 ans après sa création. Mieux vaut tard que jamais pensent en cœur bien d’observateurs avertis. C’est en effet, le 30 octobre 2007 que le Minesup, sur hautes instructions du premier ministre chef du gouvernement a pris l’arrêté portant ouverture de l’Esmv. L’école est née de la volonté du chef de l’Etat, promoteur de la nouvelle gouvernance Universitaire. Toute chose qui vise à maximiser l’offre de formation académique et l’employabilité des étudiants.
3 - Une école aux grandes ambitions
L’Esmv rêve déjà de devenir un pôle d’excellence et de référence au Cameroun et même dans la sous région Afrique Centrale. L’avènement de cette institution permettra désormais au Cameroun de former ses futurs médecins vétérinaires sur place au pays. Une institution analogue existe en Afrique de l’Ouest, notamment l’école inter-Etats des Sciences et de médecine vétérinaires de Dakar au sénégal. Elle a le mérite d’avoir été la case de passage obligé pour la quasi-totalité de tous ceux qui exercent comme médecins dans ce domaine.
4- Une Ecole et des élèves finalement S.D.F ?
On ne saurait répondre de façon péremptoire à cette question, car le problème des locaux demeure l’une des priorités de l’Esmv en attendant la réhabilitation du site de Belel. Le Directeur de ladite Ecole a provisoirement pris ses quartiers au vice rectorat chargé des enseignements (VRE), en attendant de regagner bientôt les locaux de l’ancien centre médico-social. Pour ce qui est des
enseignements, ils se déroulent tant bien que mal dans l’une des annexes de l’amphi 750. Selon certaines sources, quoi qu’il en soit, les deux premières années se passeront sur le campus de Dang.
5 - 151 300 000 FCFA, un budget quelque peu lilliputien…
Lors du dernier conseil d’administration de l’Université de Ngaoundéré tenu le 25 janvier 2008, un clin d’œil a été fait à l’Esmv. Si le budget de l’Université s’élève à 5 301 654FCFA, celui de l’Esmv est de 151 300 000 FCFA, un budget sans doute modique si l’on s’en tient aux charges à couvrir. Comme priorités figurent, l’enseignement, la réhabilitation du site de Belel (35 000 000 fcfa), l’achat d’un véhicule tout terrain 4x4 (30 000 000 fcfa), l’achat du matériel didactique etc.

6 - Médecine vétérinaire, un créneau porteur
Au bout de six années d’études, de nombreuses opportunités s’offrent aux vétérinaires, tant dans le secteur public que dans le secteur privé.
Dans le secteur privé, le vétérinaire peut opter de s’installer en clientèle privée en ouvrant un cabinet pour le soin des animaux ou encore une pharmacie pour la vente des médicaments vétérinaires. Il peut aussi travailler avec des grossistes qui font dans le domaine de l’import et de l’export des produits alimentaires ; avec des ONG pour la conception et la formation ou encore avec des laboratoires et abattoirs industriels pour l’inspection et le contrôle de la qualité. Il peut aussi participer à accroître la production des animaux domestiques ou de rente comme dans les fermes avicoles par exemple.
Le vétérinaire peut tout aussi aspirer à la fonction publique dans le domaine de la faune sauvage, de l’encadrement du monde rural, de l’inspection agro-alimentaire, de l’enseignement et même dans le domaine de la recherche dans des institutions comme l’Irad. Le vétérinaire peut aussi servir dans l’armée en soignant les chiens et les chevaux de la garde présidentielle.
Au regard de ce riche potentiel, on comprend que les élèves de l’Esmv ne sont pas des chômeurs potentiels. Loin s’en faut. Quelques vétérinaires célèbres le montrent à suffisance. Le Dr Hamadjoda Adjoudji, Pca de l’U .N, secrétaire général adjoint du comité central du Rdpc; Le Dr Mebanga Sassa Aristide, ancien Directeur des affaires financières de l’Université de Ngaoundéré, et actuel Dcou de la même institution etc.
Par Mathurin Petsoko


INTERVIEW
Pr. André Zoli Pagnah, comment se porte l'établissement dont vous avez la charge?

L'Ecole des Sciences et des médecines vétérinaires qui est ouverte le 30 octobre dernier se porte bien, autant qu'un nouveau né qui n'a que quelques mois. L'école n'est pas encore tout à fait indépendante comme pour un nouveau né. Les cours ont démarré normalement.

Vous êtes encore peu nombreux à encadrer vos nouveaux élèves, à quand les nominations de vos collaborateurs?

Vous savez, la nomination ne dépend pas du Directeur et on ne le consulte pas avant de le faire. Tout cela dépend de la tutelle. Même si pour l'instant nous sommes très peu nombreux, c'est avec joie que j'attends ces nominations et j'espère qu'elles vont vite arriver.

Cela ne semble pas vous poser tout de même de grandes difficultés ?

Nous avons organisé le concours il y'a bien longtemps, les premiers étudiants ont été retenus. Et il fallait bien entamer avec les leçons, puisque nous n'avons pas le droit de laisser traîner les étudiants. Il fallait que les enseignements commencent le plutôt possible, ce qui est d'ailleurs fait depuis le 12 février. Seulement, comme je viens de vous le dire, il y'a encore un manque de personnel, je n'ai pas d'enseignants permanents ou d'enseignants appartenants à l'école. Officiellement je suis le seul pour l'instant. Si les cours ont commencés, c'est que j'ai fait appel à des vacataires qui nous viennent essentiellement de la faculté des sciences de l'Université de Ngaoundéré.

On sait que l'Esmv a son site à Bélél, mais actuellement vous êtes sur le campus de Dang. Qu'est-ce qui explique cela?

Peut être que je ne suis pas très clarifié pour répondre à cette question. Elle mériterait d'être posée à des personnes plus compétentes. Pour l'instant je me contente du site sur lequel on m'a demandé de démarrer avec les cours, à savoir de site de Ngaoundéré. Et si je m'en tiens à la hiérarchie, on m'a fait comprendre que l'école aura deux sites dont celui de Bélél et celui de Ngaoundéré. Pour l'instant, nous démarrons où le matériel de travail est disponible, donc à Ngaoundéré qui nous prête volontiers des locaux pour les cours et des bureaux pour l'Administration.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez?

Nous n'avons pas pour l'instant à parler d'une salle de cours propre à nous. La salle que nous utilisons actuellement est une annexe de l'amphi 750 que le rectorat nous a volontiers prêté. Nous avons aussi l'ancien centre médico-social pour l'administration. Donc, tout est à construire pour ce qui est de l'Esmv.

Peut-on avoir une idée du budget alloué à votre école et quelles sont vos priorités?

L'enveloppe officielle est de 151.300.000 Fcfa. Ma priorité, c'est de faire de notre école, une école professionnelle et que les enseignements soient assurés à 100%. Ne disposants encore pas d'enseignants, nous sommes obligés de faire appel à des vacataires qui doivent être rémunérés. La seconde priorité est celui de l'achat du matériel didactique, de l'équipement des bureaux, des tables bancs pour les salles de classe, parce que comme vous le savez, la formation en médecine vétérinaire coûte très chère. Il y'a des équipements spécifiques qu'il faut acheter dès la première année. Les microscopes et autres matériels représentent le prix à payer pour une formation de qualité.

Quels sont les débouchés lorsque la première promotion sortira de cette école ?

Il faut dire qu’après six années de formation, des médecins sortiront de cette école avec plusieurs missions, dont la première consiste surtout à soigner les animaux domestiques en priorité. Leur passion en tant que médecins vétérinaires, ce sera surtout les bovins, les chevaux, les petits ruminants, les animaux de compagnie, etc. Ils auront aussi pour rôle essentiel de favoriser l’accroissement de la production des protéines d’origine animale pour répondre aux besoins des populations camerounaises, et pourquoi pas, celles des pays voisins. Ensuite, il faut comprendre que ce sont ceux-là même qui sortiront d’ici qui vont assurer la recherche comme à l’IRAD par exemple d’une part, et l’enseignement aux générations avenirs. Les meilleurs de chaque promotion seront recrutés pour enseigner les suivants. Enfin, on peut rencontrer des vétérinaires même dans les domaines aussi variés que la diplomatie et la politique. C’est le cas du Dr Hamadjoda Hadjoudji, le Président du Conseil d’Administration de l’Université de Ngaoundéré, qui a été pendant plusieurs années membre du gouvernement.

A quand l’ouverture de l’école aux étrangers ?

Normalement, cela se ferait déjà dès cette année. Nous nous serions certainement attendus à des dossiers des étrangers qui pouvaient composer si l’information avait été bien relayée aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. A mon avis, c’est que les choses se sont bousculées de telle sorte que beaucoup n’ont pas eu à entendre parler du lancement du concours. On attend l’année prochaine, ce sera certainement fait au niveau de la sous région.

Carte postale :
Belel, un village au bout du monde
En dépit de son enclavement, cette localité reste une zone d’élevage par excellence du cheptel bovin

Belel est l’un des 8 arrondissements que compte le département de la Vina. Cette localité est située à environ 200km de la ville de Ngaoundéré, soit 3 à 4 heures d’un périple kafkaïen sur cette route non bitumée. Un véritable parcours du combattant pour celui qui effectue ce trajet pour la première fois surtout en saison des pluies. Le bitume commence à environ 1 km du site de l’école qui, en toute vraisemblance était jadis un camp de logement appartenant à une société ayant participé à la construction du pipe line tchado camerounais. Le visiteur qui y arrive est tout de suite frappé par la beauté des lieux, quelques conteneurs et des constructions qui présentent pour le moins, une architecture moderne. Le choix de Ngaoundéré et de Belel n’était pas fortuit ; on dirait. Zone par excellence d’élevage avec ses vastes pâturages, l’Adamaoua constitue le plus grand cheptel de bovins au Cameroun.
Seulement, il ne faut pas se méprendre. La médecine vétérinaire ne se limite pas qu’aux bovins ; car, qui dit médecine dit clinique dans laquelle on doit pouvoir rencontrer plusieurs types de malades : bovins, ovins, caprins- à moins qu’il ne s’agisse d’une clinique spécialisée-
A ce manque de diversité d’animaux s’ajoutent les difficultés liées à la qualité des infrastructures, à l’accès au site, à l’éloignement, bref, à son enclavement. On peut enfin évoquer le sempiternel problème d’insécurité avec notamment les coupeurs de route dans la région. Des raisons qui font croire que la délocalisation effective aura du chemin à faire.



Retro
42e fête de la jeunesse
faste et sollennité sur le campus de Dang
Le savoir faire des cop's exposé
Le Minjeun s'offre un tête à tête avec la jeunesse universitaire
Concertation
Des membres du gouvernement face aux cop’s de Dang

Le choix de la province de l’Adamaoua pour le lancement des activités préparatoires à la 42e fête de la jeunesse a donné l’occasion au ministre de la jeunesse, Adoum Garoua, à celui de l’emploi et de la formation professionnelle, Zacharie Perevet, ainsi qu’à deux représentants respectifs du ministre de l’enseignement supérieure et celui des petites et moyennes entreprises, de créer une atmosphère de dialogue entre le gouvernement et la jeunesse estudiantine.
C’est une salle pleine d’étudiants qui a donc accueilli les ministres ce jour, 04 février ; à leur arrivée à 14h30 ; et la suite s’est déroulée sans trop de protocole. Après le mot de bienvenus de M. le Recteur, le Pr Paul Henri Amvam Zollo, le Minjeun s’est donné la charge de préciser l’objet de la rencontre. Il était question de présenter aux étudiants de Dang les programmes et projets mis sur pied par le gouvernement camerounais en faveur de l’insertion de la jeunesse, fer de lance de la nation, dans le monde de l’emploi. Cet objet, il faut le noter, est relatif au thème choisi pour la célébration de la fête de la jeunesse, à savoir « Jeunesse, patriotisme et participation au développement ».
Pour le compte de son ministère, le ministre de la jeunesse a choisi de présenter deux projets phares : le Projet d’Appui à la Jeunesse Rurale et Urbaine (PAJER-U) et le Projet d’Insertion Social par la Fabrication du Matériel Sportif (PIFMAS). Ces deux projets lancés le 1er novembre 2007, consistent à apprendre aux jeunes non scolarisés, ou déscolarisés, âgés de 15 à 35 ans, à monter des projets de création d’entreprise grâce à une formation appropriée. Ces projets, suivis et financés par les bailleurs de fonds de l’ordre de 250.000 à 2.000.000 de Fcfa pour les petites entreprises, et de 2 millions à 25 millions pour les moyennes, visent à réduire le décalage qui existe entre l’offre d’emploi et la demande.
Selon Zacharie Perevet, le Cameroun compte 8 millions d’actifs dont 600.000 seulement sont employés. 400.000 dans le secteur privé et 200.000 dans le public. La lutte contre cette alarmante réalité doit donc nécessairement passer par la promotion de l’auto emploi.
Et pour la représentante du ministre de l’enseignement supérieure, madame Enow Laffon, l’heure est venue d’orienter la formation académique vers des enseignements plus professionnalisant.
C’est bien cet engagement qui explique, selon elle, la création de plus en plus importante des écoles supérieures de formation professionnelle, et l’instauration du système Lmd dans les Universités du pays. Le représentant d ministre des petites et moyennes entreprises, quant à lui, insistera sur la nécessité d’une adéquation entre les enseignements dispensés et l’emploi visé pour qu’à la fin de sa formation, l’étudiant soit un produit directement utilisable sur le marché du travail.
Deux témoignages d’opérateurs économiques viendront éclairer les sentiers de compréhension des participants à cet entretient sur la création d’entreprise. Cela donne par la même occasion une dimension pratique à la rencontre du jour. Dans la prise de parole des étudiants, l’on aura surtout remarqué le retour comme un leitmotiv du problème de chômage, des bourses académiques, et la situation de l’Ecole Normale Supérieure de Maroua, dont la construction débutera au cours des tous prochains mois selon la représentante du Minesup.
Au sortir de cette communion, l’important aura surtout été l’établissement du fil de communication entre les étudiants, bailleurs de projets et le gouvernements ; fournisseur de fonds. La finalité étant la lutte contre le chômage et la pauvreté.
Par Samson SAMSI

Initiatives jeunes
Le dynamisme de la jeunesse universitaire sur fond d’exposition
Les ministres Adoum GAROUA et Zacharie PEREVET ont visité et encouragé la foire promotionnelle d’initiatives des cops.

L’agora de l’Ensai/Iut connaît en ce 04 février 2008, jour de lancement officiel des manifestations marquant la célébration de la 42e édition de la fête nationale de la jeunesse, une véritable ambiance de fête foraine. Et pour cause, le ministre Adoum Garoua de la jeunesse -qu’accompagne Zacharie PEREVET de l’emploi et la formation professionnelle- séjournent sur le campus de l’université des bords du lac. Sont inscrits en bonne place dans son agenda, la visite de la foire promotionnelle des initiatives des cops et l’entretien avec la jeunesse universitaire. Le cortège qui s’ébranle sur le campus de l’Université de Ngaoundéré (UN) est aussi constitué d’autorités administratives et culturelles de la province de l’Adamaoua, ainsi que des magistrats municipaux. La forte présence de la communauté universitaire au premier rang de laquelle le Recteur, confère à la cérémonie protocolaire une coloration de grands jours.
L’exposition qui est offerte au parterre d’autorités en visite sur le campus de Dang est digne d’une véritable foire d’exposition d’œuvres artistiques et industrielles. Diverses productions artisanales: tableaux, sculpture, dessin, couture, menuiserie, alimentaires et agricoles. Electroniciens, économistes, techniciens en maintenance et informaticiens ne sont pas en reste. Visitant tour à tour l’ensemble des stands, Adoum GAROUA et Zacharie PEREVET prodiguent encouragement et conseils pratiques. Au-delà des simples échanges avec les membres du gouvernement, ce fut l’occasion pour les cops talentueux et créatifs de « se faire connaître et d’obtenir d’éventuelles subventions pour se propulser dans le monde des affaires ».
L’apothéose survient lorsque le patron du ministère de la jeunesse et son collègue de l’emploi et de la formation professionnelle se déploient à l’Amphi 750 où s’ouvre un tête-à-tête avec la jeunesse universitaire autour de la problématique de son intégration dans le tissu socio-économique.

Salomon KANKILI

REPORTAGE
DANG BY NIGHT
Le village universitaire se métamorphose une fois la nuit tombée.


Pour qui a lu Bernard Nanga dans “ Les Chauves-souris ”, il n’est pas si difficile de s’imaginer la vie sur les berges du lac de Dang, à l’heure où “ une nuée de chauves souris s’ébattaient dans le ciel ” et pour s’abattre à coup sûr dans la ville, à la conquête de proies quelconques. Un “Eborzel ” plus vrai que nature, des Marie et ou des Clotilde à la pelle. Et toujours des Bilanga pour jouer les premiers rôles. Ça se passe donc ici, au moment où la nuit enveloppe de son épais manteau noir la localité de Dang. Ce petit village situé à quelques encablures de Ngaoundéré. 15 km de distance à parcourir sur la nationale numéro 1 en direction de Garoua.

1 - Rue princesse
18 heures, ce premier samedi du mois de janvier. La galère des fins de mois n’est plus qu’un triste souvenir pour les cop’s de Dang. Les établissements de transfert d’argent installés ici, proches de leurs cibles, ne désemplissent plus ces derniers jours. L’on sèche pratiquement tout comme Audrey T. et Darly, pour y aller. Ceux qui en reviennent ont bien le sourire en coin, l’essentiel est sauf, le fameux mandat pointé.
Et déjà dans les artères principales, le décor de nuit s’implante. Ici et là, l’on s’active aux derniers réglages. Des femmes s’affairent à installer la braisière mi-remplie de charbon. Dessus, seront étendus maquereaux, carpes et autres poissons bars, attendant une dégustation bien joyeuse. Dans les call box, le geste uniforme comme si commandé par une main invisible, est à l’installation des douilles. Une fine couche de lumière vient redonner de l’éclat aux pancartes publicitaires. Celles-ci annoncent des réductions de prix des appels ou des bonus alléchants en cas de transfert de crédit. Dans les bars et débits de boisson, les décibels, montés d’un cran, ne trompent pas, les Disc jockeys sont déjà en poste. L’air est épais, alourdi par l’odeur suave de poisson braisé et de soya. Autour des vendeurs et vendeuses de ces grillades, c’est un attroupement de grande soirée. L’on se marche pratiquement sur les pieds, pour pouvoir passer sa commande. L’exercice est laissé aux filles. Elles le font à merveille. D’ailleurs, n’est-ce pas pour elles et pour leur faire plaisir qu’on est là ? “ C’est normal ! ” lâche Ernest avant de lancer un clin d’œil complice à sa compagne. Cette dernière tient entre les mains un plastique noir contenant le délicieux poisson braisé bien emballé. Puis, tous deux disparaissent dans la nuit noire.
La nationale n°1 qui passe par la guérite de l’Université de Ngaoundéré s’est transformée donc le temps d’une nuit, en un véritable boulevard de rendez-vous. C’est …du venez voir ! Des gens aux allures des plus invraisemblables déambulent seules, en groupe ou alors, dans les bras de leurs “ girls ou boys friends ”. Ici, la drague à la va vite se fait au prix du poisson braisé et/ou du soya. Toutefois, gardez-vous bien de ne pas oublier de quoi lui offrir une bouteille de jus familial bien frais pour aider à dissiper les picotements des épices. “ Les filles de Dang ont deux amours : le poisson braisé et le soya ”, ironise un étudiant. C’est ce qui a valu à cette artère le surnom de “ Rue princesse ”. Normal, car la quasi-totalité des bars et des commerces s’y trouve. De Excelsior, avec sa musique tchadienne, au complexe Packem, lieu de rencontre “ Vip ” [very important personnality, Ndlr] couru par professeurs et étudiants nantis ; en passant par le bistrot “ Le partenaire ” une sorte d’arène pour “ durs à cuire ”, coupé-décalé et sonorités locales se côtoient allègrement. Malgré les ruptures de style, ces lieux ont tout en commun : les étudiants y sont en longueur de journée et rentrent bien tard dans la nuit. La bière coule à flots. La règle ici est de boire, continuer à boire en laissant traîner les bouteilles vides sur la table. Pour couronner ces agapes, les bâtons de cigarettes passent de main en main avant d’achever leur parcours sous les pieds d’un membre du groupe, écrasés avec nervosité.
“Je suis prêt à parier qu’il y a une véritable force magnétique qui attire les cop’s le long de cette artère, à la tombée de la nuit ”, affirme Siddi, étudiant en droit pour dire combien le phénomène semble insaisissable. Au fait, Dang ne manque pas de curiosités!
2 – à vos amours
Dans les mini-cités, c’est une autre vie qui s’y passe. L’ambiance studieuse des journées de classe est bien lointaine. Le rond point de la guérite est devenu, en quelques moments de pleine folie, un parking de fortune. Des grosses cylindrées, sont garées. Cette nuit-là, il n’est pas difficile de reconnaître la Vx d’un gros bonnet de la ville. Sans nul doute, il s’est fondu comme bien d’autres, dans la foule d’étudiants. “ Ces ‘’bao’’ de la ville, on les croise très souvent en arpentant les escaliers des bâtiments de la cité U, dans des tenues très en rupture avec leur âge ”, nous confie un étudiant du bloc C, l’un des deux bâtiments pour garçons. Il sort, lui aussi, de chez sa petite amie.
Autres lieux, même scène. Les quartiers. Devant une mini-cité très courrue, c’est une Mercedes qui est discrètement garée, pratiquement dans la broussaille. Du Pélican à la mini-cité “ Du colonel ” en passant par la “ Cité des Anges ” et autres “ Germaine ”, le rythme des entrées est infernal. Quelques coups frappés avec discrétion à la porte suffisent, le téléphone portable ayant permis d’arranger les choses avant.
Patrick, autre étudiant, confirme la rumeur et affirme “ Ça ! C’est vrai gars, il y a des mini-cités ici qui sont reconnues comme des lieux très dynamiques. Un pote qui y a fait un tour me l’a dit. Il y a là-bas des chambres spéciales où il suffit, une fois la nuit tombée, de venir avec ton argent. Le système est simple. Tu enfonces sous la porte ton billet, si la somme proposée est intéressante pour elle, alors elle t’ouvre la porte. ” “ Ce qui est surprenant dans tout cela est que ce ne sont pas des filles qui sont issues des familles pauvres qui excellent dans ces pratiques, mais plutôt des enfants de parents nantis ”, lance un autre. Une autre étudiante nous révèle que le phénomène de la prostitution des filles avait pris une ampleur terrible dans une des mini-cités en question. Ce qui a contraint la bailleresse à chasser toutes les filles de cette habitation, afin d’en préserver l’image.
A une certaine époque, de mots nouveaux ont été consacrés par les usages. L’on parlait alors d’une certaine dualité : le chic et le choc. Le scénario est un peu comme des atomes en éternel mouvement autour du noyau, l’étudiante. Les rôles sont souvent bien répartis. Répondre ad nutum des caprices financiers de la ‘’merlette’’ (fille que l’on trouve belle dans le milieu), pour l’un et pour le second, rester “ rythmer ” la petite dans les turpitudes du quotidien estudiantin. Sponsors et/ou rythmeurs, ils vont et viennent bras dessus, bras dessous, après avoir naturellement fait un tour chez les ‘’braiseurs’’ de bonnes chairs. Il n’est pas rare que des “ accidents ” surviennent. Des collisions entre sponsors et rythmeurs dans la chambre de la belle marquise. Heureusement dans cette matière, la gente féminine fait et continue de faire preuve d’une intelligence hors du commun. C’est alors que souvent le rythmeur contre toute attente devient un temps soit peu, le frère du village, le cousin. Rarement le coup foire. Un étudiant nous a relaté un cas où l’étudiant revanchard (le rythmeur) a démonté nuitamment les roues du véhicule du gros fonctionnaire, alors aux petits soins.
Un enseignant de droit a coutume de dire que les étudiants une fois sortis des amphis ont la manie d’oublier les enseignements reçus pour se livrer “ aux choses non académiques ”. Selon lui, la manifestation de cette rupture se constate dans les chambres des étudiantes. La table d’étude est vite débarrassée des unités de valeurs et autres bords. C’est alors que les nappes de table, les bouquets de fleurs, etc. sont sortis des tiroirs, pour être étalés, attendant la venue du “ messie ”. Et surtout n’allez pas chercher ce que le réchaud à gaz fait mijoter entre temps.
Si à Dang, l’on voit tout, la sagesse ici recommande, de rester coi. Et surtout de faire son petit métier, car “ chacun accroche son sac, là où il peut le décrocher ”, lance Elisabeth, étudiante. Comme quoi, Dang est formidable, vivons y seulement.
Par Bruno Patchoaké




Ngaoundéré : Une étudi.. Société - Associations -

Ngaoundéré : Une étudiante assassinée
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Haoua Salim est décédée lundi soir à la suite d’une agression.
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La stupéfaction était perceptible hier matin sur le campus universitaire de Dang. La nouvelle du décès de Haoua Salim, étudiante nouvellement inscrite à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université de Ngaoundéré, s’est répandue comme une traînée de poudre. Par groupes de dix à quinze personnes, les étudiants parlaient de cet assassinat. Dans les amphis, le sujet n’a pas été évité. A la mini-cité Excellence où la jeune fille a pris ses quartiers, la consternation est à nulle autre pareille. Selon des témoignages concordants d’étudiants, c’est aux environs de vingt heures lundi dernier au soir qu’Haoua va acheter une carte de crédit de communication dans une boutique située à environ cinq cent mètres de sa résidence. Après avoir acheté la carte, elle sera agressée par deux personnes à bord d’un moto-taxi. A-t-elle eu le temps d’échanger avec ses agresseurs? Rien n’est moins sûr.

Toujours est-il que ses agresseurs lui ont tranché le cou à l’aide d’une lame de rasoir. Ses cris de détresse aviseront un passant dont l’identité est tenue secrète. Lequel sera poursuivi par les agresseurs. Sans succès, puisqu’il réussira à s’abriter dans une mini cité.
Les nombreuses personnes qui vont s’agglutiner sur le corps de la jeune fille qui présentait un large entaille au cou (profonde d’environ 20 cm). Haoua Salim qui perdait déjà assez de sang va être conduite tour à tour au Centre de Santé Intégré de Dang et au Centre Médico-social de l’Université de Ngaoundéré. Les deux structures hospitalières sont malheureusement fermées.

Règlement de comptes
Alors que la jeune fille arrivée sur le campus de Dang le 19 octobre dernier est conduite par un véhicule à l’hôpital provincial de Ngaoundéré, elle rend l’âme. A l’hôpital, le personnel du service des urgences est impuissant. Il aurait fallu a-t-on appris une prouesse de médecine pour mettre en forme, les veines. Le père de la jeune Haoua âgée de 19 ans, homme d’affaires d’origine libanaise (lequel n’a pas voulu décliner son identité) est arrivé hier matin à Ngaoundéré s’enquérir de la situation. En compagnie des autorités de l’Université, du Procureur de la République, le parent de Haoua Salim a pu prendre la mesure de l’état d’insécurité qui sévit à Dang.

Lui qui avait inscrit sa fille à l’Université de Yaoundé II avant de se résoudre à l’envoyer plutôt à Ngaoundéré. Mais d’ores et déjà la piste du règlement de compte est évoquée puisque l’argent que détenait la jeune fille n’a pas été soutiré. Les numéros inconnus qui figuraient dans son répertoire ont été pris en compte dans l’enquête qui a été ouverte à la division provinciale de la police judiciaire de l’Adamaoua. Treize personnes ont été interpellées. En attendant, ce sont les capacités sanitaires du village universitaire qui sont en question. De même que la mise en service du poste de police de Dang et l’électrification des pistes du village universitaire.

Dieudonné Gaïbaï
Quotidien Mutations
Sectes : Dangers dans les chapelles
La chapelle de la paroisse Saint Thomas More de Bini Dang a été très courue il y a une semaine en raison des témoignages chocs et des déclarations fracassantes faits par des personnes insoupçonnées sur la présence au sein de l’aumônerie catholique, d’une supposée secte. Aïssatou Victorine, au cours des célébrations eucharistiques du samedi 24 et du dimanche 25 juin dernier fait le témoignage d’une scène de prière horrible. Une scène qui lui a infligé de nombreux coups et blessures. Ce n’est qu’après ce témoignage qui a fait tâche d’huile que le Recteur de l’Université de Ngaoundéré s’est investi en saisissant les forces de l’ordre.

Et c’est par un communiqué de presse du Recteur de l’Université de Ngaoundéré que les rumeurs ambiantes vont être confirmées. Selon les termes de l’annonce faite par le Pr Paul Henri Amvam Zollo, " des actes graves liés à des pratiques religieuses déviantes ont été commis par des étudiants dont certains résident à la cité universitaire. Pour garantir la sécurité et la sérénité au sein de la cité en cette période des examens, ces étudiants sont expulsés en attendant leur traduction devant un conseil de discipline. "
Les faits remontent à un peu plus trois mois aujourd’hui, lorsque Marc Segena, maître de liturgie à l’aumônerie catholique universitaire de la paroisse St Thomas More de Dang crée un groupe de prière pour selon lui " davantage solidifier la foi de mes amis et de ceux qui veulent bien se joindre à nous. " Des séances de prières sont ainsi organisées dans les chambres des différents membres de ce qui était alors un groupe exemplaire de prière.

Aïssatou Victorine, étudiante à l’Institut Universitaire de Technologie tombe elle aussi sous le charme de l’abnégation religieuse de Segena Marc et de ses acolytes. Elle est donc allée vers lui "pour lui demander de l’aide sur le plan spirituel comme cela se fait dans toute communauté religieuse. Face à ma demande Seguy a accepté de m’aider et m’a proposé la neuvaine. C’est ainsi que nous avons pris contact, il passait régulièrement à la maison. Les prières avaient lieu très tôt le matin, à cinq heures. J’ai effectivement commencé ma neuvaine le 11 juin 2006."

Rituel
Au terme des huit jours de prière, elle est informée de ce que la dernière séance de sa neuvaine doit se tenir en présence de tous les membres du groupe de prière. Le lundi 20 juin à 5 heures, elle se rend donc à la cité universitaire. La chambre de Segena Marc qui fait office de chapelle est prise d’assaut par cinq adeptes du groupe de prière. Selon Aïssatou Victorine "Le recueillement a commencé normalement. En pleine prière, ils se sont mis à l’écart me laissant au centre du cercle, ils me posaient moult questions sur ma vie et celle de ma famille. Plus je prenais du temps pour répondre plus je recevais des coups de poing, et de plus en plus ils devenaient violents. Ils m’ont amenée à raconter ma vie. Je gémissais sous les coups qu’ils m’administraient et j’ai commencé à prononcer le nom de Jésus. Je saignais sur la tête, la poitrine me faisait mal et j’avais atrocement mal au bas ventre où j’ai reçu des coups de pieds de 05 heures à 12 heures."

Sur le certificat médical dressé par les soins d’un médecin de l’hôpital provincial de Ngaoundéré, on peut lire : "saignement vaginal avec douleurs pelviennes, hémorragie, oedèmes généralisées de la face, multiples blessures à la main droite et au genou gauche, yeux rouges et infiltrés de sang."
Le parquet des tribunaux de première et de grande instance de Ngaoundéré qui s’est saisi du dossier a ordonné le 05 juillet dernier un mandat de dépôt de cinq membres de cette secte. Marc Segena, Emmanuelle Ndem à Beme, Sarah Guilebep à Beme, Marie-Justine, Lionnelle, ont été déféré à la prison centrale de Ngaoundéré. Selon le procureur Victor Mirabeau Wansi, "les chefs d’accusation sont entre autres, la séquestration, les violences ayant occasionné une incapacité temporaire de travail de 30 jours, des pratiques de sorcellerie à travers l’exorcisme, le tout en coaction. Ce que nous reprochons, ce n’est pas tant le culte qu’ils pratiquent, entendu qu’au Cameroun, il y a une liberté de culte reconnue par la constitution."

Cette affaire rappelle une autre qui a eu lieu au quartier Biyem-assi au quartier Biyem-assi à Yaoundé. Un père de famille, transformé en gourou avait séquestré et imposé un jeûne de 30 jours à toute sa progéniture et à son épouse. Au terme du 29ème jour malheureusement, le jeûne tourne court. L’un des enfants, environ deux ans est pris d’une grande fatigue. Le père, dans son délire interdit à son épouse de conduire l’enfant à l’hôpital de district comme elle souhaite sous le prétexte que Dieu le guérira. Malheureusement, le petit décède et les voisins alertés découvriront que la famille entière est en piteux état. Pour se dédouaner, le père n’avait trouvé d’autres raisons que celles selon lesquelles, il avait été floué par un gourou et mettait sa famille à l’épreuve dans le but de créer sa propre église plus tard.
Dieudonné Gaïbaï
Quotidien Mutations Cameroun
D2 : Ngaoundéré University FC contraint au partage de points
Les supporters du stade Doumbé Oumar, sevrés des matches de la D1, depuis une saison sont restés sur leur faim.

L’affiche au sommet de cette première journée du mini championnat de D2, lancé ce dimanche 27 août 2006, n’a pas été à la hauteur des attentes des nombreux amoureux du foot. Ngaoundéré University Fc (Nufc) contre Mboundjéré FC, était donc prévu pour être un match important. Un choc entre deux formations de la même ville que tout oppose.

D’abord, le Nufc est un club qui a déjà roulé sa bosse en division d’élite, avant de redescendre subir les âpres de la D2 depuis la saison dernière. Le club tire ses origines du milieu universitaire alors que le Mboumdjéré FC est un club d’essence populaire. Il porte d’ailleurs le nom d’un des quartiers les plus populeux de Ngaoundéré.

A l’issue du coup de sifflet final, le gardien de but Salihou de Mboumdjéré se lance vers ses co équipiers, les prend dans ses bras. Ils les embrasse et les félicite. Le capitaine Ahmadou fait de même. L’on comprend alors très vite que le match nul, un but partout, les arrange et semble même être une victoire pour eux. Alors que les joueurs de NUFC filent en douce dans les vestiaires. Les coachs ne réalisent pas ce qui leur arrivent et n’osent en parler, même au reporter de camfoot. « Faire un nul avec Mboundjere FC, est une défaite, nous sommes meilleurs qu’eux et nous nous l’avons prouvé par nos possessions de balles... » avoue Onana capitaine de NUFC.

Les cop’s reviennent de loin

Pourtant, c’est ce même club que prendra l’initiative de faire le jeu après le coup d’envoi de la rencontre officié par Aboubakar. Les quelques percées de l’équipe des cop’s se soldent vite par un échec. En face il y a la présence efficace du dernier rempart de Mboumdjéré FC, le gardien Sahilou dont chacune des sorties est une occasion d’offrir au public quelques envolées acrobatiques. Le public apprécie et le lui rend à merveilles. Mais les buts tardent à venir. Les protagonistes regagnent les vestiaires dos à dos (0-0).

A la reprise, les choses s’accélèrent. Les compagnons de Ahamadou, capitaine de Mboumdjéré FC vont prendre des initiatives, faisant reculer les cop’s. Ils gagnent pratiquent tous leurs duels au niveau de l’entre jeu pour finalement ouvrir la marque à la 67e minutes par une belle tête plongeante de l’avant centre Abdoulaye. Menés au score, les cop’s de Ngaoundéré, vêtu de jaune et bleu, vont sortir de leur gong pour attaquer à outrance afin de revenir à la marque et prendre une avance sur leur adversaire. Mais le mur défensif des locaux résiste et tient le coup. C’est finalement par une action très personnelle du 10 Intia Emmanuel menée dans le couloir droit que vient la solution. Par un beau centre, il sert son co équipier Bahiya qui de la tête envoie le cuir au second poteau, profitant d’un mauvais marquage de la défense. Les deux équipes sont à égalité 1-1. C’est sur ce score que l’arbitre va siffler la fin du match.

Dynamique explose la Falaise

En levée de rideau de ce match, Dynamique Fc de Ngaoundéré et Falaise de Mbé, ont croisé le fer. Dynamique a eu raison des visiteurs en remportant le match sur le score de 2-0. Une partie ternie en première manche et marquée par un duel au milieu de terrain amenant les différents gardiens à se ronger le pouce.

Dès l’entame de la seconde partie, ils ouvrent la marque par une belle frappe des trente mètres du numéro 10 Armand Noah, dynamitant ainsi les goals de la falaise. C’était à la 47ème minutes. La deuxième réalisation des jaunes- noires interviendra à la 76ème minutes, contraignant les bleus de Mbé à jouer la défensive pour limiter les dégâts. Lorsque interviendra le coup de sifflet final, le coach Mbende Komé H. ne cachera pas sa satisfaction avant de reconnaître que « le match a été très difficile pour nous car l’adversaire nous était inconnu et la pression du publique aussi a pesé ». Du coté des perdants, l’arbitre y est pour beaucoup dans le faux pas de ce dimanche.

Bruno Patchoaké
Camfoot.com

Lagdo
Mission difficile pour l’hôpital de district
A l’issue de la cérémonie d’inauguration des locaux du Capp Nord, à Garoua, le secrétaire d’Etat à la Santé Publique et l’ambassadeur de la France au Cameroun Jean François Valette et leurs suite au rang desquels des représentants du Fond des Nations Unis pour la population (Unfpa), ont mis le cap sur la localité de Lagdo. Un arrondissement situé à 70 km de la ville de Garoua et dont le seul nom rappelle à plus d’un le fameux barrage, œuvre des chinois. Le court séjour de leur excellence avait pour but de visiter l’hôpital de district de Lagdo. Ce qui a permis de tâter du doigt les réalités locales et surtout de mesurer le travail déjà accompli. Pour l’ensemble du corps médical, la mission assignée à cette formation sanitaire est bien difficile parce que la localité de Lagdo est bien particulière de part sa géographie et le mouvement démographique très instable. En effet, c’est affirme t-on plus de 16 000 âmes qui sont disséminées dans l’arrondissement et dont 10 000 environ habitent les îlots. Ils vivent pour la plus part de la pêche et de l’agriculture. Et durant la période où l’activité de pêche est intense, des villages entiers se vident pour voir parents et enfants se ruer vers les zones de pêche. Ce mouvement de personnes n’est pas pour faciliter la tache affirme le docteur Roger Guy Kamga, chef de service de Santé de district de Lagdo « nous faisons face à des difficultés énormes pour mener à bien notre mission. Il serait nécessaire que nous puissions être équipé en pirogue à moteur, en ambulance et autres matériels roulant afin de nous rapprocher des populations et leur dispenser des soins. Il y en a qui vivent dans les îles ou encore de l’autre coté du l’étendue d’eau et il faudrait bien aller mener des campagnes de sensibilisation la bas. » Malgré cela des efforts sont fournis au quotidien tente de rassurer le médecin. Ce que vient corroborer le directeur de l’hôpital de Lagdo, le docteur Chinmou Daouda qui toutefois attend beaucoup de cette visite pour la structure qu’il dirige. « Notre hôpital à besoin d’une clôture, il faut se doter d’un kit d’urgence pour césarienne et équiper la maternité en boîte d’accouchements, la formation du personnel lequel est d’ailleurs insuffisant s’avère nécessaire » laisse t-il entendre. Le programme national de lutte contre le paludisme à travers ses campagnes de distribution de moustiquaires a permit la régression des cas de paludisme. C’est environ 25 000 moustiquaires imprégnées qui ont été distribuées. L’action d’autres organismes qui font dans le domaine de la santé, à l’instar du Care, conjuguée à celle du ministère de la santé publique milite à ce que le droit à la santé ne soit plus un vœu pieux.

Bruno Patchoaké, Journaliste
L'oeil du Sahel Cameroun
Club Communication de l'Université de Ngaoundéré
Président: Bruno Patchoaké
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